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Bordeaux Primeurs 2020 - Commentaires et notes

Monsieur Yves Beck
Monsieur Yves Beck (Beckustator)

Grand, exceptionel, bon ?

(© 2021 Yves Beck – Ce texte reprend partiellement le compte-rendu de Michel Rolland et ses équipes.)

GRAND, EXCEPTIONNEL, BON ?

Est-ce vraiment la bonne question ? Il y a évidemment plusieurs réponses ; la première, la plus mercantile, étant de dire : “évidemment, au vu du nombre de très grands vins”. La deuxième, plus nuancée : “oui, mais !” En effet, ce n’est pas grand partout, car si ça l’était, alors ce serait une année exceptionnelle

Après plus de 1100 échantillons de Primeurs 2020 dégustés, yvesbeck.wine a suffisamment de recul pour déclarer que le millésime 2020 est grand à Bordeaux et qu’il donne naissance à une bien belle trilogie. 2018, 2019, 2020… ce n’est pas souvent que l’on observe trois millésimes d’un tel niveau. Ils se différencient bien les uns des autres, mais ils ont une finalité commune : la qualité des vins. On arrêtera les comparaisons ici, car la dernière trilogie bordelaise a été suivie de 1991, 1992, 1993, 1994 !

CHOIX STRATÉGIQUES

Outre le fait de définir la grandeur de l’année, il faut se pencher sur ce millésime ; un hiver doux, un printemps pluvieux puis un été chaud… et surtout très sec !

Ainsi de nombreux choix cruciaux ont dû être faits à la vigne ; par exemple lors de l’effeuillage. Les dates de vendanges ont également été fondamentales, en tenant compte des terroirs et des maturités, puis lors des vendanges en procédant à des tris très ciblés, par exemple entre jeunes et vieilles vignes. Il existe une multitude de paramètres supplémentaires, de détails, qui peuvent faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Il est fort à parier que ce type de millésimes va se répéter au cours des années à venir et que les choix auront des impacts fondamentaux sur la manière de travailler, d’anticiper, de réagir. Bref, on va être obligé d’aller au fond des choses… ce que certains font d’ailleurs brillamment !

il n’y a pas de recettes miracle. Il y a des choix à faire, des réflexions, des raisonnements. Encore une fois, il est saint de le répéter : Il existe une multitude de paramètres qui entrent en ligne de compte. Il y a l’écoute de la nature, la compréhension de la plante, du terroir, des interagissements puis il y a l’interprétation humaine.

Les grands vins, ça commence dans la tête, dans la terre, dans les mains, dans la vigne !

HÉTÉROGÈNE OU IDENTITAIRE ?

Le mot “hétérogène” est à la mode.

C’est tendance de dire qu’un millésime est hétérogène, et parfois on serait tenté de supposer (le condition sur une supposition est toujours prudent) que l’on n’a pas forcément grand chose à dire si c’est la seule conclusion dont on dispose.

Ainsi, on relève donc qu’il y a des différences… et oui, figurez-vous qu’il n’y a pas qu’un seul Bordeaux ; on a donc réalisé qu’il y en a des milliers et qu’au fil des ans ils ont même l’audace d’être différents les uns des autres.

Oui, il y a l’aspect hétérogène, mais il y a surtout, par la force des choses, par le climat, des identités qui se forgent. On se rapproche des terroirs, on est plus que jamais à leur écoute et, ainsi, on gagne (ou regagne, c’est selon) en identité.

LES GRANDES RÉUSSITES

Avec Pomerol, Saint-Emilion et Saint-Estèphe, le trio de tête du millésime 2020 semble se démarquer, mais il est talonné de près par Pessac-Léognan et Saint-Julien. On retrouve donc les régions classiques qui ont tant su faire briller Bordeaux… le mot est lâché : classique… car si l’on veut faire le jeu des comparaisons avec 2018 et 2019, le millésime 2020 est bien le plus classique des trois avec de la puissance, de la fraîcheur et de la finesse ; en résumé c’est très bordelais !

Le climat

Le résumé du millésime en fait :

  • Plus de 700 mm entre le 1er novembre 2019 et le 31 mars 2020 soit 300 mm de plus que la moyenne 1989-2019.
  • Des températures moyennes systématiquement au-dessus de la moyenne pluriannuelle. Jusqu’à 3,1°C au- dessus de la moyenne au cours de la première quinzaine de février.
  • Seulement 6 nuits avec des températures nocturnes négatives contre 21 en moyenne sur 20 ans.

Printemps historiquement doux dans la lignée de l’hiver

  • Des températures moyennes toujours nettement supérieures à la moyenne historique
  • Entre Avril et Juin, 135mm d’eau de plus que la moyenne sur cette période. Ces précipitations vont, parfois, prendre la forme d’orages de grêle localement destructeurs sur l’est de la Rive Droite et dans l’Entre-Deux Mers.

Conséquences agronomiques

  • Rechargement des réserves utiles des sols, ce qui permet à la vigne, en situation normale, de pouvoir mieux affronter la période estivale.
  • La multiplication cellulaire est bonne: les baies grossissent.
  • La véraison commence tôt: mi-juillet. Mais la mi véraison ne sera atteinte qu’aux environs du 25 juillet sur les terroirs les plus précoces. La synthèse des composés phénoliques dans la pellicule est bonne.

Eté sec et frais favorable à la croissance des raisins

  • Arrêt des précipitations à partir de mi-juin. Le mois de juillet est marqué par une quasi-absence de pluie.
  • Des températures moyennes et maximales inférieures à celles de la moyenne pluriannuelle
  •  

Conséquences agronomiques

  • Compte tenu des fortes précipitations en hiver et printemps, l’absence de pluie en juin et juillet associée à des températures fraiches, n’ont généré aucun stress hydrique sur la vigne.
  • La multiplication cellulaire est bonne : les baies grossissent.
  • La véraison commence tôt : mi-juillet. Mais la mi véraison ne sera atteinte qu’aux environs du 25 juillet sur les terroirs les plus précoces. La synthèse des composés phénoliques dans la pellicule est bonne.

Phase de maturation salutaire à la qualité et vendanges précoces

  • La période de maturation s’effectue globalement dans un contexte plus chaud que la moyenne aussi bien pour les températures moyennes que maximales. A noter une assez forte amplitude thermique entre le jour et la nuit typique des grands millésimes comme 2019, 2018, 2016, 2012, 2010, 2009.
  • Le vignoble subit de façon localisée et d’intensité variable (de 30 à 120 mm) des orages d’été réduisant la contrainte hydrique amorcée en juillet

Conséquences agronomiques

  • Les précipitations d’août, bien que temporisant le stress hydrique, ont eu aucun impact sur la taille des raisins. Les conditions climatiques chaudes, sèches et venteuses à partir de mi-août ont conduit à une perte importante de poids et de volume des baies.
  • Les températures chaudes sont très favorables à la synthèse des composés phénoliques (tannins et anthocyanes) des pellicules ainsi qu’à la dégradation des arômes végétaux (pyrazine) des cabernets. Les raisins sont riches en polyphénols et l’extractibilité est bonne.
  • L’amplitude thermique particulièrement importante a été favorable à l’expression aromatique, aussi bien en blanc qu’en rouge.
  • Les conditions sèches et chaudes ralentissent l’accumulation des sucres dans les baies de raisins. Les orages d’été viennent aussi apporter un peu de dilution. Les acidités sont aussi affectées. Elles sont plutôt basses.
  • Pour conserver une belle fraicheur, les vendanges des sauvignons blancs ont débuté dernière semaine d’août sur les secteurs de graves. Les sémillons puis les merlots précoces se sont succédés début septembre. Les premiers cabernets francs et sauvignons ont été récoltés mi-septembre pour être terminés début octobre.
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